Pourquoi ce recul des actions ? La lettre hebdo de La Financière de l’Echiquier

04/04/2018

Alors que le premier trimestre 2018 s’achève, le constat est sans appel : pour un investisseur en euros, aucun des grands indices actions n’est dans le vert. En découlent deux interrogations : pourquoi ce recul des actions ? Remet-il en cause le scénario macroéconomique ?

 

Malgré le retour notable de la volatilité sur les marchés d’actifs risqués, notre vision macroéconomique est inchangée. Le contexte reste celui d’une croissance mondiale solide et synchrone, avec des zones émergentes qui commencent à prendre le relais des économies développées, et d’une remontée progressive de l’inflation et des taux longs, en premier lieu aux Etats-Unis. Nous restons convaincus de la remontée des salaires aux Etats-Unis et du rapprochement de l’inflation, d’ici la fin de l’année, de la cible des 2%. Les déclarations de la Fed, malgré la prudence du discours de M. Powell, vont en ce sens.

 

Pourquoi alors une telle morosité sur les marchés actions ? D’une part, la première correction, début février, a été directement liée à la question inflationniste évoquée, avec une hausse surprise des salaires américains qui, en entraînant une violente réaction des marchés, aura au moins eu le mérite d’ancrer définitivement cette problématique dans l’esprit des investisseurs.

 

D’autre part, deux risques, absents des débats en 2017, ont de nouveau émergé. D’abord, le risque « micro », avec le secteur de la technologie qui a lourdement pesé sur les marchés fin mars. Les dynamiques propres à un secteur, voire à une valeur, capables de faire tanguer l’ensemble des marchés étaient un phénomène quelque peu oublié. Mais il n’est guère surprenant que sa réapparition provienne du secteur le plus performant et le plus détenu ces derniers trimestres.

 

Ensuite, et surtout, le risque politique et géopolitique, essentiellement concentré sur la figure de Donald Trump et ses volontés protectionnistes. Il s’agit toutefois jusqu’ici davantage de postures que d’actions propres à enrayer la dynamique de l’économie mondiale. La réforme des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium l’illustre : les exemptions accordées aux différents pays représentent près de 70% des imports américains. Si les marchés ne sont pas habitués à la méthode Trump, elle constitue néanmoins une méthode de négociation. Les réponses des autorités chinoises aux attaques du Président américain restent d’ailleurs pour le moment mesurées. Le risque de voir s’installer une guerre commerciale d’ampleur semble faible, bien plus faible que celui de voir Donald Trump multiplier les déclarations polémiques d’ici les élections de mi-mandat.

 

Malgré leur impact négatif sur les actions, ces éléments ne remettent pas en cause notre analyse de la situation macroéconomique, en particulier de la solidité de l’économie mondiale. Il faut donc prendre ces moments de stress de marchés pour ce qu’ils sont : des opportunités de trouver des points d’entrée sur certains dossiers et de voir les valorisations redevenir plus raisonnables.

 

 

Telex

 

?   Remettez-en un peu. La dernière estimation de la croissance du PIB américain pour le 4e trimestre a révélé une croissance à +2,9% alors que le consensus tablait sur la constance (+2,5%). Ce sont notamment les révisions à la hausse de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises surtout qui ont contribué à cette augmentation.

 

?   Léger coup de frein. A un niveau jusqu’ici très élevé, la confiance des consommateurs américains a connu un premier tassement en mars : l’indice du Conference Board a reculé à 127,7 alors qu’il était attendu en légère hausse à 131, et le chiffre de février a été révisé à la baisse (130,0 contre 130,8). Même constat avec l’indice de l’Université du Michigan, ressorti en recul à 101,4 alors qu’il était attendu stable à 102,0.

 

?  Trou d’air, épisode 2. Dans la lignée du recul des indices PMI, l’indicateur de confiance économique de la zone euro publié par la Commission européenne est ressorti en baisse en mars pour le troisième mois consécutif, de manière un peu plus forte qu’attendu (112,6 contre 113,3). Rappelons toutefois que le niveau atteint il y a trois mois était un plus haut depuis octobre 2000 et que les chiffres actuels restent cohérents avec une croissance solide de l’activité.

 

?  Sans surprise. Les indices des prix à la consommation en France et en Allemagne sont ressortis en ligne avec les attentes : légèrement inférieure en Allemagne (+1,6% sur un an contre +1,7% attendu) et légèrement supérieure en France (+1,5% contre +1,4%), cette progression des prix devrait conduire les chiffres de la zone euro à s’afficher en ligne avec les attentes (+1,4% sur un an).

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