Bourse : 2018 vu par quatre experts

Lesechos.fr
15/01/2018

Igor de Maack, Porte parole de la gestion chez DNCA Finance

 

« Le cercle vertueux de la croissance (confiance, investissement et consommation, reprise du commerce mondial) s'est enclenché. Celui-ci peut néanmoins très bien ne pas se transmettre de manière uniforme et automatique sur toutes les classes d'actifs et tous les marchés comme ce fut le cas en 2017. La Bourse monte depuis six ans et rien ne dit qu'elle ne montera pas pour la septième année de suite grâce à cette reprise endogène robuste. Cependant notre métier est d'identifier les risques potentiels à cette euphorie actuelle. Si jusqu'ici les politiques monétaires des banques centrales ont été accommodantes, les marchés ne sont pas à l'abri d'une erreur de trajectoire monétaire et d'un durcissement plus abrupte. Pour nous, le vrai danger est plus sur le marché obligataire, avec une forte remontée des taux. Si une dynamique inflationniste devait se mettre en place, cela pourrait déstabiliser le marché obligataire et entraîner une correction, certes momentanée, des actions. Si le mouvement monétaire et obligataire ne devait pas perturber l'activité économique, nous verrions cela plus comme une opportunité. (…)

 

 

 

« Nous allons passer d'une phase d'accélération à une phase de décélération »
Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac

 

« En 2018, on pourrait donc avoir un effet retard sur ce que l'on attendait en 2017. Sur le plan fondamental, le cycle économique continue d'avancer et la grande différence entre 2018 et 2017 pourrait bien être que, pour la première fois - et c'est important pour le CAC 40 - la croissance économique aux Etats-Unis va ralentir en 2018. C'est quelque chose qui n'est pas du tout reflété par un marché qui a démarré l'année dans l'euphorie après le vote du plan Trump. Or nous sommes convaincus que dans quelques mois, les investisseurs vont se rendre compte que l'économie américaine va commencer à ralentir. Ce ne sera pas encore le cas pour l'Europe et la France, mais il ne faut pas ignorer les conséquences de ce fléchissement, d'autant plus que la Chine aussi va ralentir. Selon moi, les marchés vont commencer à refléter, dans le courant de l'année, le fait que nous allons passer d'une phase d'accélération à une phase de décélération. »

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